Für die nicht-Francophonen wird das Interview bald auf Deutsch erscheinen.

 

La jeunesse perdue (Casablanca, Maroc)

 

J’ai rencontré mon partenaire d’interview dans un camp pour des refuges non-accompaniés mineurs à Bremen. Bien qu’il était un mec très gentil et ouvert, il ne voulait pas que son nom apparaisse à l’internet. Pendant l’interview il a eu l’idée de l’appeler la jeunesse perdue.

 

Qu’est ce que tu fais ici?

Je fais rien du tout. C’est juste quelques petits trucs positives.

Ici, ce qu’on fait c’est aller à l’école pour deux heures par jour. C’est ça le bon qu’on fait dans la journée, tu vois? Et aussi on fait des activités, comme on joue au ballon, au billard, c’est ça.

 

Et qu’est-ce que tu a fait au Maroc?

J’ai seulement fait l’école primaire. Après j’ai travaillé dans mon quartier.

 

Ton déjeuner favoris, c’est quoi?

C’est l’aubergine, une plante marocain. On la fait avec la viande, les patates, des tomates, des trucs comme ça.

 

Et ton activité favorite?

Mon activité favorite, c’est l’athlétisme. Déjà quand j’étais petit, je l’ai fait. J’aime beaucoup courir, et aussi jouer au ballon. Ici, je le fais de temps en temps, mais le problème est qu’il n’a pas beaucoup de gars qui veulent faire du sport ici. Il n’y a pas beaucoup d’enthousiasme ici, tu vois? Les gens veulent sortir ou dormir, la journée se passe très lentement. J’aurai envie d’entrer dans un salle de sport pour faire le gymnaste. Mais je n’ai pas le ‚Ausweis‘ (carte d’identité). Sans Ausweis, tu ne peut prendre accès a rien du tout dans la société allemande. On mange, on dorme, on est presque comme des animaux. On ne peut pas sortir à l’autre monde. C’est ça le problème. Il y a beaucoup de gens qui savent faire des trucs. Ici, il y a un mec de l’Afghanistan qui peint, un gars qui parle six langues, un coiffeur. On doit exploiter ces talents. Mais si la jeunesse est perdu, qu’est ce qu’on peut faire? Mais on nous aide ici. J’espère que ici je peux faire une formation. Peut-être on peut sortir de cette misère.

 

Y a-t-il aussi des trucs que tu aimes dans le camp?

J’aime beaucoup de choses ici. Comme les gens qui travaillent ici sont des très bons personnes qui sont très proche à nous. Avant on était dans un ‚Bundesheim‘. Là, personne ne te parle, on n’a pas d’activités. Seulement on mange, on dort et on a des problèmes, des bagarres. C’est presque la prison. On ne se sent pas un homme. L’homme il a le cerveau pour réfléchir, pour faire des trucs dans sa vie. Mais moi je n’ai rien à faire, pas l’école, pas de travail, pas de bons trucs pour la société, pour moi. Se sont les choses qui m’aident à vivre, tu vois? Des choses qui m’aident à sentir la vie.

Ici, c’est un peu mieux. On a des activités, on apprend la langue. Au niveau de la nourriture, c’est le problème. Le matin et le midi on mange bien, mais le soir, on mange rien, peut-être.

 

Et au Maroc, qu’est-ce que tu as aimé?

J’ai aimé rien du tout la bas. Rien du tout. Le pays ne m’a rien donné! Si mon pays me trait bien, je reste la bas. Au Maroc il y a deux classes. Un, c’est les dieux, un, c’est les pauvres. Les supérieures qui vivent dans un autre monde et les inférieures qui doivent toujours se lever le matin pour chercher la vie, la nourriture pour chaque journée. C’est vraiment dramatique, il n’y a pas d’aide social, pas de chaumage, pas des associations comme ici en Europe qui t’aident à chercher un travail. Il disent que c’est une démocratie, mais la démocratie n’existe pas, n’existera jamais.

Néanmoins j’adore beaucoup mon pays. Vive le Maroc! Mais aussi, si maintenant je suis en Allemagne, il vive l’Allemagne. Vive Deutschland!

 

Tu peut raconter une expérience intéressante de ta vie?

Il y a beaucoup de choses qui me sont passées dans ma vie. Mon père il est mort. Dès quand j’étais petit il m’a laissé, tu vois. Le problème est de quitter mon pays. Pourquoi moi comme marocain, je peux pas avoir le même accès à l’école, à la nourriture, au travail, à nos hôpitaux comme les autres dans mon pays. Moi, j’habite dans un quartier pauvre. Et dans mon pays ou il y a la classe supérieur ou il y a la classe inférieur. Et pourquoi il n’y a pas la classe moyenne, comme ici en Europe. Pourquoi il ne mont pas donné la chance de avancer dans ma vie ? Il faut changer ça! Peut-être dans un future, mon fils et ses amis vont changer ça. Mais moi j’ai le pouvoir de faire rien du tout ! C’est triste, ça. Car mon pays , il est très riche. On peut manger tous ensemble, on peut vivre tous ensemble dans un pays très bien. C’est l’unité qui fait la force. Mais moi, je fais partie de la jeunesse perdu.

 

T’as fait des expériences dangereuses dans ta vie ?

Dangereux, c’est de venir à l’Europe dans un camion. C’est un risque ! La police peut toujours te prendre. Il te frappent, il te scopent dans le visage, te mettent dans le prison une semaine, deux semaines, un mois. Pour venir ici, c’étais un drame. De rester deux ou trois journées dans un camion sans manger, c’est un peux compliquer Tu ne peux pas respirer l’aire. Peut-être il y a beaucoup de gens qui meurent sur le chemin. C’est ça l’expérience la plus dramatique dans ma vie.

 

Et maintenant, tu dirais que tu as une vie heureuse ?

Moi , j’ai toujours la confiance en dieu.. C’est la seule chose qui me fait heureux. Je suis heureux grâce à dieu. Mais comme j’arrive ici en Europe la situation est pareil. On a pense quand on étais dans notre pays qu’en Europe on va changer la situation facilement, mais ça a rien changé.

 

Pour finir avec, quel est ton rêve pour la vie ?

Mon rêve c’est de terminer mes études. Car je sais que je suis capable d’étudier. J’ai de la force, je me sens dedans mon corps. J’ai la force pour faire une bonne formation, pour avoir une famille, pour vivre comme un homme.

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